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Gestion des fonds Ebola en RDC : l’ACAJ interpelle l’IGF et réclame des comptes sur 50 millions de dollars remis au ministère de la Santé

Ebola

 

La question de la transparence dans la gestion des ressources destinées à la riposte sanitaire refait surface en République démocratique du Congo (RDC). L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) s’est officiellement tournée vers l’Inspection générale des finances (IGF) pour exiger que toute la lumière soit faite sur l’utilisation des fonds mobilisés dans la lutte contre le virus Ebola.

Dans un communiqué de presse publié le 17 octobre à Kinshasa, l’organisation présidée par Me Georges Kapiamba demande une enquête fiable sur la manière dont les enveloppes financières consacrées à la riposte ont été gérées. Selon cette ONG de défense des droits, « plusieurs informations concordantes » laissent craindre une gestion opaque de deux importantes enveloppes financières.

L’ACAJ identifie deux flux financiers distincts. Le premier, supérieur à 700 millions de dollars, aurait été accordé par les bailleurs de fonds aux partenaires chargés de la mise en œuvre. Le second, évalué à 50 millions de dollars, aurait été versé directement par le gouvernement congolais au ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale.

Soucieuse de respecter l’obligation de redevabilité et de dissiper toute confusion, l’association tient à séparer clairement la contribution de l’État congolais de celle des bailleurs de fonds, cette dernière étant gérée directement par leurs partenaires. L’ACAJ demande donc précisément à l’IGF de mener un audit sur l’affectation des 50 millions de dollars mis à la disposition du ministère de la Santé.

L’ACAJ ne se limite pas à une simple inspection financière. Elle exige également que les conclusions de cet audit soient transmises directement à l’autorité judiciaire compétente. Cette démarche pourrait ainsi ouvrir la voie à d’éventuelles poursuites judiciaires si des malversations étaient établies.

Cette initiative de l’ACAJ intervient alors que la transparence dans la gestion des fonds destinés à la riposte contre Ebola reste une préoccupation majeure pour la société civile congolaise. Celle-ci demeure vigilante face à l’utilisation des deniers publics et de l’aide internationale, dans un pays toujours confronté à des défis sanitaires importants. Le 14 octobre, le directeur général d’Africa CDC, le docteur Jean Kaseya, avait lui aussi dénoncé l’absence de traçabilité de plus de 700 millions de dollars alloués par les bailleurs de fonds internationaux aux partenaires de la riposte présents en RDC.

La Rédaction

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