En matière de finances publiques, les grandes transformations ne se décrètent pas en un jour. Elles se construisent par des réformes, des décisions parfois techniques et une vision qui s’inscrit dans la durée. C’est précisément sur ce terrain que le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, entend inscrire son action.
Eurobond, réforme fiscale des conventions de collaboration, modernisation du système financier : derrière ces mots qui peuvent sembler techniques se trouve une ambition simple : donner à la République démocratique du Congo des outils financiers plus modernes, plus performants et capables d’accompagner durablement son développement.
À ceux qui continuent de dire que « rien ne change », une réponse s’impose : regardons les chantiers engagés avant de prononcer un verdict.
L’Eurobond, un pari sur la crédibilité
L’opération la plus symbolique est sans doute l’émission de l’Eurobond « Mbote », qui a permis de mobiliser 1,25 milliard de dollars sur les marchés internationaux . Mais comme l’a martelé le ministre, il ne s’agit pas tant de célébrer le montant levé que la reconnaissance de la crédibilité retrouvée de la RDC.
« Nous ne célébrons pas le milliard de dollars, mais l’entrée de la RDC sur les marchés financiers internationaux » . Cette opération historique est un signal fort sur l’échiquier international, susceptible d’attirer davantage d’investisseurs . Le gouvernement a pu mettre en avant des indicateurs macroéconomiques solides, comme un déficit budgétaire maîtrisé à 2,4 % du PIB et une dette publique contenue à 18,1 %, pour convaincre les marchés. Les fonds mobilisés serviront à financer des projets structurants, notamment dans les infrastructures et l’énergie.
Une réforme fiscale pour clarifier et investir
La modernisation passe aussi par un cadre fiscal plus clair et plus attractif. Le ministre Doudou Fwamba a récemment défendu devant le Sénat un projet de loi modifiant le régime fiscal applicable aux conventions de collaboration.
L’objectif est de clarifier un cadre jugé obsolète et source de contentieux, afin d’attirer davantage d’investissements étrangers. La principale innovation est la création d’un Guichet unique pour les recettes conventionnelles, qui vise à simplifier les procédures et à améliorer la traçabilité des flux financiers. Cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire de la fiscalité un instrument d’attractivité et de soutien à l’investissement, plutôt qu’un outil purement punitif.
Une modernisation de l’administration pour plus d’efficacité
Pour soutenir ces réformes, le gouvernement accélère la transformation numérique de l’administration fiscale. La digitalisation des régies financières, l’interconnexion entre la DGDA et la DGI, ou encore la mise en place de centres de données à Kinshasa et Lubumbashi sont en cours . Ces efforts visent à améliorer la traçabilité des opérations, réduire la fraude et simplifier les procédures pour les entreprises.
Le véritable patriotisme économique
On peut ne pas être d’accord avec tout. On peut critiquer, questionner et demander davantage de résultats. C’est même nécessaire. Mais nier systématiquement toute avancée, c’est refuser de regarder la réalité dans toute sa complexité.
Le véritable patriotisme économique ne consiste pas à applaudir aveuglément. Il consiste à reconnaître les progrès lorsqu’ils existent, à exiger mieux lorsqu’il le faut et à juger les responsables sur des faits.
Aujourd’hui, une dynamique de réforme est engagée au ministère des Finances. L’histoire jugera les résultats. Mais les faits, eux, méritent déjà d’être regardés avec objectivité. Doudou Fwamba : moins de bruit, plus de réformes. La transformation financière de la RDC se construit.
La Rédaction
To understand the new politics stance and other pro nationals of recent times, we should…