Dialogue national — Fortunat Biselele, l’homme clé dans les coulisses du Palais
Depuis l’annonce du dialogue national par le président Félix Tshisekedi, un acteur longtemps resté discret refait progressivement surface dans les arcanes du pouvoir. Il s’agit de Fortunat Biselele, ancien proche du chef de l’État, dont le retour dans les circuits politiques suscite l’attention.
Surnommé « Bifor » ou « B4 », Biselele serait l’un des hommes chargés de suivre et de coordonner, dans l’ombre, les préparatifs du prochain dialogue national.
Il aurait pris contact avec des opposants, des responsables religieux catholiques et protestants ainsi que certaines personnalités exilées. L’ancien conseiller présidentiel serait au cœur des démarches visant à réunir plusieurs acteurs autour de ce processus, dont la préparation bénéficierait déjà d’une enveloppe budgétaire allouée par le gouvernement Suminwa.
Bien introduit dans les réseaux politiques congolais, Fortunat Biselele entretient depuis plusieurs années des liens de proximité avec Félix Tshisekedi. Des discussions de Kingakati aux cercles décisionnels du pouvoir actuel, il est présenté comme un homme qui connaît les dossiers sensibles et les rouages du régime. Sa proximité historique avec Étienne Tshisekedi renforce également son ancrage dans l’entourage présidentiel.
Ses réseaux dépassent toutefois les frontières du pouvoir en place. Ancien proche de plusieurs acteurs du RCD-Goma, Biselele est également connu pour ses connexions dans les milieux politiques régionaux, notamment avec des responsables rwandais.
Ces dernières semaines, il aurait multiplié les démarches auprès des différentes confessions religieuses, aux côtés du directeur de cabinet du chef de l’État. L’objectif serait de parvenir à la mise en place d’un comité d’organisation chargé de préparer le dialogue national inclusif, conformément au format annoncé par Félix Tshisekedi.
Longtemps éloigné du premier cercle présidentiel, Fortunat Biselele semble ainsi retrouver une place dans les coulisses du Palais. Reste à savoir quelle sera l’étendue réelle de son influence dans un processus politique qui s’annonce particulièrement sensible.
Yves Buya