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RDC : le gouvernement chasse Blandine Kawanda de la CVM pour tentative de détournement de 44 millions $

Kawanda

 


Officiellement, il s’agissait d’acheter une drague autoporteuse à élinde traînante pour désenvaser le bief maritime du fleuve Congo. Officieusement, c’est devenu un cas d’école de marché public qui dérape.

Un contrat de 44 millions de dollars, négocié en gré à gré avec le néerlandais IHC DREDGING. Sans appel d’offres. Sans dossier complet de l’attributaire. Sans procès-verbal de négociation avec la concurrence.

La DGCMP tique sur le prix. La Primature, elle, coupe net. Dans un courrier cinglant, le cabinet de Judith Suminwa Tuluka refuse l’approbation : les conditions légales du gré à gré ne sont pas réunies. Retour à la case appel d’offres concurrentiel.

Suspension immédiate

Dans la foulée, la directrice générale tombe. Le 11 mai 2026, Jeanne-Blandine Kawanda Walwom est suspendue par la ministre du Portefeuille, Julie Shiku, qui institue une mission d'audit composée de 2 inspecteurs des finances, 2 membres des cabinets du ministère du Portefeuille, 2 du ministère des Transports, 2 du ministère des Finances, 2 du Conseil supérieur du Portefeuille, 2 de la FEC et 2 de la Primature, soit au total 14 personnes.

Kawanda riposte. Elle saisit le Conseil d’État et ouvre un second front : médiatique. Sur Top Congo, les chaînes de télévision et les réseaux sociaux, ses proches accusent le PCA Christophe Ngoyi, qui aurait vanté auprès de la DG suspendue une autre drague à 100 millions de dollars, soit plus du double. Ngoyi crie à la diffamation et porte plainte.

Yamba assure, Kawanda s’agite

Pendant ce temps, la maison doit tourner. L’intérim est confié au DGA Sele Yamba. Sa méthode : calmer le jeu social. Primes exceptionnelles, y compris pour les agents d’exécution, bureaux réfectionnés, dialogue avec les syndicats. L’appareil tente de se stabiliser. Les relations avec les autres organes de la société, dont le conseil d’administration et même les partenaires comme la FEC, ont été assainies et la confiance est rétablie.

Faut-il pour autant faire sauter tout le comité de gestion avec la DG ? La question agite les couloirs. Car la CVM-SA n’est pas une coquille vide : c’est l’entreprise qui tient les voies maritimes du pays à flot.

Mais Kawanda ne lâche pas. Et elle change de terrain. Elle ne plaide plus seulement le droit administratif : elle invoque désormais, selon plusieurs sources internes, ses soutiens au sommet de l’État, oubliant que sa suspension a requis le quitus du chef de l'État et même de la Première ministre, au regard de la gravité des faits de mauvaise gestion.

Au final, le message de la Primature est clair, et il vaut pour tous : pas de gré à gré à 44 millions. L’affaire de la drague se jouera à la loyale, par appel d’offres. Le reste – la guerre des chefs, les accusations, les recours – est une bataille parallèle qui ne doit pas couler l’entreprise.

Pour rappel, Blandine Kawanda a été évincée de la même façon à la DGDA (Direction générale des Douanes et Accises), où elle était en perpétuel conflit avec ses deux adjoints.

La Rédaction

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